« Ich hab' die Hand in meiner Hose, ich kauf' mir Playboy saufe Bier'n... »
Ma main s'abattit sur mon téléphone portable, éteignant la sonnerie programmée pour 7h30. J'ouvris les yeux, fixai quelques secondes le plafond, puis les refermai aussitôt, décidant de m'accorder quelques minutes de sommeil en plus. Je remontai ma couverture jusqu'au visage et enfouis ma tête dans mon oreiller.
Et soudain ; je me souvins.
Je me redressai, les yeux grands ouverts, et bondis hors du lit, hurlant « c'est aujourd'hui ! c'est aujourd'hui ! ». Autant dire que je n'avais plus aucune envie de dormir, sachant quel jour on était ! J'attrapai les vêtements que j'avais posés au bout de mon lit le soir précédant et courus à la salle de bain. Après avoir fermé la porte, je fis couler l'eau et me glissai sous la douche. J'en sortis quelques minutes plus tard, me séchai et enfilai un slim noir, auquel j'ajoutai une ceinture à clous, ainsi qu'un débardeur rose léopard et mes Converses noires. Je me maquillai, mis du vernis noir, comme toujours, et me lissai les cheveux que j'aspergeai généreusement de laque afin qu'ils restent en place toute la journée. Une touche de parfum plus tard, je jetai un coup d'½il au miroir et, satisfaite du résultat, estimai être prête.
Je descendis au rez-de-chaussée, où mon père était déjà installé, lisant le journal. Je lui dis bonjour avant de me servir une tasse de café et de m'asseoir à table en face de lui.
« Toutes tes affaires sont prêtes ?
- Ouais, elles sont dans ma chambre. J'ai eu un mal de chien à fermer ma valise !
- Tu pars seulement pour deux semaines !
- Je sais, mais tu me connais, j'emmène toujours trois fois trop de fringues ! »
Une fois ma tasse vide, je la posai dans l'évier de la cuisine et montai me brosser les dents, puis je vérifiai (encore) que je n'avais rien oublié. Tout y était ; parfait. J'enfilai ma veste en cuir, attrapai mon sac à main et aidai mon père à charger mes bagages dans la voiture. Après avoir dit au revoir à ma mère et mon frère, je montai dans la Clio, où mon père attendait, et nous nous mîmes en route pour la gare. Il s'arrêta devant l'immeuble d'Hannah, que nous allions chercher au passage. A peine avais-je appuyé sur la sonnette que mon amie ouvrit la porte et me sauta dessus, excitée comme une puce. Elle fit rapidement la bise à sa mère et sa s½ur, prit ses affaires et grimpa à l'arrière de la voiture.
« Bonjour !
- Bonjour Hannah, ça va ?
- Oui, très bien. Et vous ?
- Ça va. Alors, tu n'as rien oublié ?
- Non, non, j'ai tout !
- Prêtes pour le grand voyage, les filles ?
- Yeaaah ! »
J'allumai le lecteur CD de la voiture et l'album des Fräulein Wunder tourna en boucle jusqu'à ce que l'on arrive à la gare d'Angers. Mon père déchargea nos valises, et après lui avoir dit au revoir, je sortis mon billet de train et cherchai le quai 17, suivie de mon amie.
Tout en tirant nos valises, nous montâmes dans le train, cherchant nos places.
« C'est là ! s'écria Hannah en pointant deux sièges du doigt.
- Je prend la place à côté de la fenêtre ! dis-je en passant devant elle et en m'asseyant après avoir rangé mes bagages au-dessus de nos têtes.
- Okey ! »
Quelques minutes plus tard, le train démarra, provoquant notre hystérie.
« Ça y est ! Cette fois on est vraiment en route !
- Ouiii ! J'ai tellement de voir Juliette et Lily !
- Moi aussi ! »
Nous discutâmes jusqu'à ce que mon téléphone portable sonne. Je décrochai.
« Allô ?
- Camie ? C'est Juliettaaa !
- Juuul ! criai-je. Ca va bien ?
- Ouaip ouaip. Vous êtes où ?
- Dans le train, on arrive dans... dix minutes.
- Okeey darling, j'vous attend ; moi j'suis déjà arrivée, j'ai l'air conne toute seule avec ma valise XXL.
- T'inquiète pas, on est là dans pas longtemps. Allez, bisous, je t'aime !
- Smack smack, baby ! »
Je raccrochai et mis mon portable dans ma poche.
♥ ♥ ♥